Mon récit d’accouchement : bienvenue bébé!

Salut tout le monde, ça fait longtemps! Si vous saviez comment ça m’a manqué d’écrire ici. Les derniers mois ont été pour le moins… intenses! Ça me fait du bien de m’asseoir devant mon ordinateur pendant que Louis se repose avec bébé. J’avais envie de vous raconter mon récit d’accouchement.

En mai dernier, je vous annonçais que Louis et moi attendions un bébé. J’ai eu la chance d’avoir une grossesse plutôt facile, où mes petits maux n’en étaient rien si je me comparais à d’autres futures mamans. La phrase que je répétais sans cesse quand on me demandait comment j’allais : « Ça va, je ne peux pas me plaindre. » 

Une de mes photos de grossesse, une semaine avant l’accouchement. | Photo par Audrey Godin

Les 48 heures décisives

Ma date d’accouchement était le 3 septembre. Les semaines ont passé à la vitesse de l’éclair. En un claquement de doigts, on était le matin du 26 août et je rencontrais ma médecin pour mon suivi hebdomadaire. « Je suis prête », ai-je lancé. C’est là qu’on a procédé à un stripping (ou décollement de membrane), qui consiste à glisser un doigt entre le col de l’utérus et la poche des eaux. Cette intervention vise à réduire les délais avant l’accouchement. Selon ma médecin, une femme sur deux accouche dans les 48 heures suivant un stripping.

Après mon rendez-vous, j’ai appelé Louis pour lui dire que ça pouvait dorénavant arriver à tout moment. Je me suis rendue à la pharmacie pour acheter les derniers items à mettre dans ma valise d’hôpital. J’ai acheté une serviette de plage, qui m’a suivie toute la journée, juste au cas où je perdais mes eaux! Cette journée-là, j’ai eu quelques contractions, mais sans plus. 

Le 27 août, rien non plus, sauf des contractions de plus en plus rapprochées en soirée, mais qui s’apparentent plus à des Braxton Hicks (fausses contractions). En fin de soirée, toujours rien. J’étais déçue. J’étais tellement prête mentalement à me rendre à l’hôpital et à rencontrer notre petit homme. 

Il faut dire que ça faisait déjà plusieurs mois que Louis et moi nous préparions pour cette journée. On a suivi des cours prénataux en vue d’une accouchement « naturel » sans péridurale. On est allés visiter l’hôpital et les chambres de l’unité des naissances. J’ai visualisé, j’ai respiré. 

« Louis, j’ai perdu mes eaux. »

À 5h45 le matin du 28 août, j’ai ressenti un mini « pop » dans le bas de mon ventre, puis une quantité (énorme) de liquide s’est mis à s’écouler. « Louis, je viens de perdre mes eaux. » It’s time! Comme si on avait déjà fait ça 10 fois, on s’est levé calmement. Je me suis dirigée dans la douche pour me rincer. Ça continuait à couler, je ne m’attendais pas à ça! Je croyais qu’on perdait nos eaux, puis que c’était fini. Mais non! Ça coule pas mal jusqu’à ce que le bébé sorte.

Pendant ce temps, Louis a fait sa valise. Pourquoi la faire à l’avance quand on peut la faire dernière minute? Puis, il est allé dans la douche à son tour pendant que j’appelais à l’hôpital. À ce moment-là, mes contractions n’étaient pas encore commencées, donc l’infirmière au téléphone m’a dit de rester calme, de prendre ma douche (déjà fait!) et de me diriger tranquillement vers l’hôpital.

Comme on savait qu’on resterait probablement 36 à 48 heures à l’hôpital, on devait aller porter l’un de nos deux voitures chez les parents de Louis pour laisser notre entrée de garage libre aux ouvriers qui venaient pour nos rénovations. J’ai donc conduis jusque-là, pendant que Louis me suivait avec sa voiture. Pendant le trajet d’environ 5 minutes, j’ai eu ma première mini-contraction, rien de stressant encore. 

Puis, alors qu’on se rendait vers l’hôpital, à 30 minutes de la maison, mes contractions ont officiellement commencé. Elles étaient aux 4 minutes et augmentaient en intensité. La route s’est relativement bien faite! Il faut dire qu’à 6h30 un mercredi matin, le trafic ne s’était pas encore installé.

That escalated quickly. 

Arrivée à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, je commençais à avoir mal. Louis m’a laissée à l’entrée pour aller se stationner et l’attente me paraissait interminable. Puis, la marche vers l’unité des naissances me semblait encore plus longue. Arrivée au comptoir d’accueil, mes contractions m’empêchaient de parler. On nous a dirigés vers la salle de tri, une chambre qui comptait 5 lits. Rendue-là, j’étais en sueur et je devais me concentrer à chaque contraction pour ne pas tomber dans les pommes. That escalated quickly. Oui, monsieur! Comme j’avais perdu mes eaux et que j’avais appelé pour les avertir de notre arrivée, une chambre nous attendait déjà. 

J’étais alors dilatée à 3 centimètres et Louis était parti remplir les papiers d’admission et chercher nos valises. Notre chambre était vraiment grande et lumineuse, comme je l’avais visualisée. La douleur par-contre, rien n’aurait pu me préparer à ça. Ça fait mal en titi! Et comme la seule position qui était supportable durant les contractions était debout avec les mains appuyées sur le lit, avec tout mon poids sur mes poignets, je me suis fatiguée rapidement. Après un peu plus de 2 heures, j’étais épuisée et je n’avais pas encore fait un dixième du travail. C’est à ce moment que j’ai décidé que pour vivre un accouchement de la manière la plus agréable et positive pour moi, j’allais demander la péridurale. 

J’ai été chanceuse. L’anesthésiste a pu me voir assez rapidement pour soulager mes souffrances. Une quinzaine de minutes après avoir reçu la piqûre, je ne sentais plus rien, ou presque. Ma jambe droite était tellement gelée que je devais la soulever avec mes mains pour pouvoir la bouger, alors que je pouvais bouger ma jambe gauche. Je ne ressentais plus de douleur, mais je sentais une pression dans mon bassin à chaque contraction. À partir de ce moment, Louis et moi en avons profité pour nous reposer un peu en attendant que le « vrai » travail commence. 

Dans notre chambre d’hôpital, en attendant le début du « vrai » travail.

Pousse, pousse, pousse!

Étant donné que je ne pouvais pas être debout ou assise, je ne pouvais qu’attendre que le bébé fasse le travail. Les infirmières me changeaient de position environ toutes les demi-heures et la médecin venait vérifier la progression à chaque heure. À l’une de ses visites, la médecin a remarqué que le bébé avait tourné sa tête, c’est-à-dire qu’elle était toujours en bas, mais plus en position optimale pour l’accouchement. On m’a alors tournée sur le côté pour l’aider à se retourner, ce qu’il a fait.

C’est alors que, sachant que le moment tant attendu approchait, je me suis mise à stresser, au point où mes contractions ont complètement arrêté. On m’a donc administré du Pitocin, une version synthétique de l’oxytocin, qui est l’hormone qui induit les contractions. Assez rapidement, j’étais dilatée à 7 centimètres, puis à 10. En moins d’une heure, mes contractions ont repris de plus belle et le moment de pousser se pointait le bout du nez. Les infirmières se sont donc affairées à préparer la chambre pour l’accouchement. 

Rapidement, on m’a placée pour pousser. Ça m’a pris au moins 3 contractions « de pratique » parce que, attention, j’avais peur de faire caca! C’est que la sensation est exactement la même. Puis, j’ai finalement laissé tomber mes barrières et je me suis mise à pousser le plus fort que je pouvais. Louis tenait ma jambe droite, ma jambe lourde, alors que l’infirmière tenait l’autre. La médecin, elle, avait la tête entre mes jambes et m’encourageait à chaque poussée. À un moment, le coeur du bébé a ralenti et la médecin a mentionné qu’il avait peut-être le cordon autour du cou et qu’il fallait pousser plus fort pour le prendre en charge rapidement s’il était en détresse. J’ai regardé Louis droit dans les yeux une micro-seconde, puis j’ai poussé comme si la vie de mon bébé en dépendait.

Le coeur du bébé s’est finalement stabilisé et, deux poussées plus tard, il était là. Il est sorti d’un coup, ce qui nous a pris par surprise! On s’imaginait que sa tête sortirait en premier, puis son corps à la poussée suivante. Bref! Un petit monsieur de 8 livres et 15 oz qui criait sa vie est venu se déposer sur ma poitrine. Un moment que je n’oublierai jamais. 

Les instants suivants sont plutôt flous, comme si mon cerveau s’est donné une pause après toute cette intensité.

Mattia Louis Marandola, né le 28 août 2018 à 16h15. Bienvenue mon amour!

Louis qui coupe le cordon ombilical.

Notre petit ange.